Salon Expo-l@ngues, les 6-9 février 2013

expolanguesJ’ai pu me rendre à  Expo-l@ngues les 6 et 8 février derniers et malgré une édition spéciale numérique je rentre assez déçue. Des visiteurs professionnels rencontrés sur place n’étaient guère plus enthousiastes.

Une première conférence annonçait pourtant la révolution numérique des ressources linguistiques. Introduite par le directeur de Vocable, celui-ci a repris les poncifs habituels sur le corps enseignant freinant les innovations et percevant les entreprises comme les loups dans la bergerie (on observe pourtant un nombre croissant de partenariats Éducation Nationale / entreprise privée) et réaffirmant la concordance des outils du Web 2.0 avec la perspective actionnelle. Un certain nombre de ces outils et leurs avantages ont été passés en revue sans grande nouveauté (motivation, authenticité, interaction, collaboration, …) par différents intervenants. Il a été rappelé qu’il ne fallait pas céder à la séduction et qu’en ce sens, le projet devait toujours définir la pertinence d’une ressource et non l’inverse !

Telecom Paris Tech a par contre présenté un projet qui m’a semblé très intéressant : « Cross-Cultural Connections » débuté en 2003 entre Paris et le Smith College (États-Unis). Pendant un semestre, les étudiants se retrouvent pour des conversations hebdomadaires en temps réel, grâce à des caméras Web (petits groupes) et lors de visioconférences (deux classes entières). Leurs conversations synchrones sont nourries par une série d’activités asynchrones (questionnaires Cultura, forums, autobiographies, images culturelles, « paquet culturel », comparaisons de films, échanges de musique) qui se déroulent tout au long du semestre et visent à accroître, grâce à une approche comparative, leurs compétences linguistiques et interculturelles.

Une information attrapée au vol lors d’une autre conférence et émanant de la responsable de centre de ressources des langues de Paris 7 (et à laquelle j’ai encore du mal à croire) : 65 % des étudiants en 1ère année de licence auraient un niveau compris entre le A1 et le A2 ….pourcentage qui en dit long sur le niveau français en langue étrangère.

Étonnant aussi, sur les stands et malgré le thème du numérique, un ou deux TBI, un seul fournisseur de solutions de baladodiffusion, peu de présentations d’outils numériques. Certains éditeurs ont bien ajouté des « i tools » à leur offre ou proposent des contenus numérisés mais la promotion en était plutôt timide …

L’offre était par contre riche pour les séjours linguistiques et l’édition papier. Toutes ces sociétés engagées dans l’économie papier ont-elles du mal à trouver un modèle économique numérique satisfaisant ? Il faut par exemple regarder dans le catalogue de CLE International pour voir leurs nouveautés 2012-13 : tablettes et smartphones avec des contenus numériques originaux … Je n’ai rien vu sur leur stand…

Approche sociolinguistique en didactique des langues (D9CM2)

Enseignante : Stéphanie GALLIGANI
Description :

L’objectif de cours est double : Stéphanie Galligani nous propose

  • une initiation à la didactique des langues et à la sociolinguistique afin de pouvoir analyser des situations de contacts et d’enseignement/apprentissage des langues en contextes plurilingues;
  • de réaliser un travail personnel et réflexif – qui s’inscrit donc pleinement dans la démarche du projet ePortfolio – sous la forme d’une biographie langagière. Ce travail doit nous permettre de prendre conscience de nos expériences culturelles et de notre parcours langagier en réinvestissant les notions traitées dans ce cours
Travail réalisé :
Écriture d’une biographie langagière. Ce travail n’est pas publié, il m’est personnel. J’ai consigné dans « mes réflexions » des remarques d’ordre plus général.
Réflexions :
J’ai choisi ce module par intérêt et curiosité pour la didactique de langues et la sociolinguistique. Après la lecture des premiers chapitres du cours, j’ai tout d’abord pensé que mon histoire langagière risquait d’être singulièrement pauvre ! En poursuivant ma lecture, je me suis arrêtée sur différents points qui m’ont plus personnellement interpellés. Mais c’est en écrivant cette biographie que j’ai découvert que mon capital langagier n’était pas aussi mince qu’il ne m’était apparu au départ ! C’est en retraçant mon histoire que j’ai réinterprété des expériences que j’avais parfois oubliées, que j’ai mis en mot des partis pris que j’aurais peut-être eu du mal à justifier si on m’en avait fait la demande. J’ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir mon parcours sous cet angle et mes positions sont certainement plus claires.
Je suis ou non bilingue selon les définitions que l’on choisit, plurilingue dans la même mesure … mais sans aucun doute pour moi, mon identité est pluriculturelle puisque toutes ces expériences ont forgé des éléments de ma personnalité !
Finalement, mon histoire langagière est très en phase avec les propositions du Cadre Européen !
A travers cette écriture et après divers échanges dans le cadre du master et à l’extérieur, j’ai aussi pris conscience de l’importance des apprentissages informels dans la formation des adultes, dans ce domaine comme dans d’autres. Certains évoquent l’image d’un iceberg dont les 90% de la partie immergée représenteraient ce type apprentissage par opposition aux 10 % visibles correspondant aux formations instituées. Cette image et cette notion de visibilité sont intéressantes car il est effectivement difficile pour chacun d’identifier ses apprentissages informels et de leur reconnaître une juste valeur avant même de les faire reconnaître professionnellement. Ce travail de biographie langagière comme celui du ePortfolio permettent d’y accéder progressivement.
Compétences visées :
S’initier à la didactique des langues et à la sociolinguistique
Se mettre en situation de travail réflexif et s’autoévaluer