Acte de parole

Acte de parole / Acte de langage / Speech act

La notion d’acte de parole a été développée par John L. Austin dans Quand dire c’est faire (1962), puis développée par John Searle.  Elle est liée à une théorie du langage compris comme moyen d’action sur celui à qui la parole est adressée et non plus comme outils servant uniquement à informer. Ces actes, comme n’importe quel type d’acte, ont un but (intention communicative), un pré-requis, un corps (une réalisation) et un effet. On catégorise généralement les actes de paroles selon leur but : citer, informer, conclure, donner un exemple, décréter, déplorer, objecter, réfuter, concéder, conseiller, distinguer, émouvoir, exagérer, ironiser, minimiser, railler, rassurer, rectifier…

Les énoncés dont l’action est réalisée par le fait même de les prononcer sont dit performatifs (ils peuvent être réussis ou non) par contraste avec les énoncés constatifs (qui peuvent être vrais ou faux) qui décrivent le monde.

Exemples d’énoncés performatifs, quand dire, c’est faire :

  • Je vous déclare mari et femme.
  • Je promets de t’aider.
  • Je parie une tournée qu’il pleuvra demain.

Exemple d’énoncé constatif : La Terre est ronde..

Pour comprendre l’intention du locuteur d’un énoncé, des données supplémentaires extra-linguistiques sont nécessaires. Prenons, par exemple, l’énoncé : quel âge avez-vous ? Voici trois contextes qui permettent de donner un sens plus précis à cette question et comprendre qu’elle constitue des actes chaque fois différents :

  • Interrogatoire par un policier : pouvoir situer le délit commis dans le cadre juridique compétent (distinction entre la législation pour les mineurs et les adultes majeurs).
  • Dans un formulaire d’inscription à un examen :prendre en compte les limites d’âge (inférieures et supérieures) imposées.
  • Chez le médecin : connaître la probabilité d’apparition d’une maladie en fonction de l’âge du patient.

Austin abandonne par la suite l’opposition entre énoncés constatifs et énoncés performatifs et bâtit une nouvelle classification des actes de langage en 3 catégories :

  • Les actes locutoires que l’on accomplit dès lors que l’on dit quelque chose et indépendamment du sens que l’on communique (que dit-on ?).
  • Les actes illocutoires que l’on accomplit en disant quelque chose et à cause de la signification de ce que l’on dit (que fait-on ?).
  • Les actes perlocutoires que l’on accomplit par le fait d’avoir dit quelque chose et qui relèvent des conséquences de ce que l’on a dit (pour quoi faire ?).

Christine CUET résume ainsi : « L’acte locutoire est l’acte de dire quelque chose « il fait froid », Cet acte locutoire peut avoir une force illocutoire « ferme la fenêtre » : l’ordre s’accomplit dans la parole même. L’acte perlocutoire est l’effet que produit ma parole sur mon interlocuteur (par exemple : étonnement, irritation, etc.) »

Wikipedia : Acte de langage
Université Montpellier 3 : Fiche actes de langage Éléments du cours de Didactique 2 de D. Omer.

Fossilisation

« Si on définit l’interlangue comme une grammaire intériorisée en construction, marquée par son instabilité, sa perméabilité et son caractère transitoire (incluant donc des formes fautives), la fossilisation apparaît comme une réalisation figée, non adéquate aux règles du système. […]. D’un point de vue fonctionnel, la fossilisation peut être comprise comme la persistance d’habitudes articulatoires ou grammaticales (rigidité linguistique) de la langue maternelle ou comme le sentiment du locuteur de disposer d’un outil adéquat et suffisant pour s’intégrer efficacement dans les interactions qui lui sont familières. Enfin, elle peut apparaitre comme l’image d’une incapacité ressentie à progresser plus avant dans l’apprentissage d’une langue étrangère.. »

Renvois : ERREUR, FAUTE, INTERLANGUE.
CUQ (J.P.), (Dir), 2004 : Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde, Paris : Clé-international